Sénégal : La nouvelle vie de Henri Camara loin des pelouses
Deux buts contre la Suède (dont un but en or entré dans l’histoire), 99 sélections avec les Lions et une longue carrière entre la France, l’Angleterre, la Suisse et la Grèce. Henri Camara a été l’un des visages de la génération sénégalaise qui a impacté lors de la Coupe du Monde 2002 en Corée et au Japon. Aujourd’hui âgé de 49 ans, l’ancien attaquant mène une vie beaucoup plus discrète, loin des bancs de touche et des projecteurs.
Pour toute une génération de Sénégalais, il suffit de prononcer son nom pour qu’une image revienne immédiatement. Le 16 juin 2002, le Sénégal affronte la Suède en 8e de finale de la Coupe du Monde en Corée et au Japon.
Les Lions sont menés après un but d’Henrik Larsson, avant que Camara n’égalise pour ouvrir les portes des prolongations à son équipe. A la 104e minute, Pape Thiaw, par une talonnade, trouve Camara qui frappe le ballon qui touche le poteau avant d’entrer dans les buts suédois et la match a pris fin avec le succès (2-1) du Sénégal.
Pour sa première participation à une Coupe du Monde, le Sénégal se qualifie pour les quarts de finale. Henri Camara vient d’inscrire l’un des buts les plus célèbres de l’histoire du football africain.
La FIFA continue encore aujourd’hui de mettre en avant cette rencontre comme l’un des grands moments du Mondial 2002. Vingt-quatre ans plus tard, la vie du héros a énormément changé car, à 49 ans, Henri Camara est définitivement retraité.

Carrière d’une longévité exceptionnelle
Après avoir joué jusque dans les divisions inférieures grecques, il a finalement annoncé sa retraite définitive en 2018, à 41 ans. L’Équipe rappelle qu’il évoluait alors au Fostiras, en troisième division grecque. Cette retraite était finalement intervenue plus tard que prévu.
Dès 2015, Camara avait annoncé son intention de raccrocher pour consacrer davantage de temps à sa famille et préparer sa reconversion. Mais l’appel du terrain était encore trop fort et il avait continué à jouer plusieurs saisons supplémentaires.
Cette décision correspond bien à son parcours car Henri Camara a toujours semblé avoir énormément de mal à s’éloigner du ballon mais contrairement à plusieurs anciens de 2002, il n’est pas devenu entraîneur.
C’est probablement la grande différence avec certains de ses anciens coéquipiers. Aliou Cissé est devenu sélectionneur du Sénégal. Pape Thiaw a lui aussi embrassé une carrière d’entraîneur et a fini par prendre les commandes des Lions.
Henri Camara, lui, avait annoncé très tôt que le métier d’entraîneur ne l’intéressait pas particulièrement. En 2019, alors que son nom circulait pour intégrer le staff du Sénégal comme entraîneur des attaquants, l’ancien buteur avait fermement démenti l’information.
Il expliquait vouloir rester à l’écart du milieu et se concentrer sur ses affaires. Ce choix semble toujours définir sa reconversion. À ce jour, les informations publiques disponibles ne montrent pas Henri Camara occupant un poste permanent d’entraîneur ou de membre du staff technique d’un grand club.
Le business, sa nouvelle vie loin des projecteurs
L’ancien international sénégalais s’est reconverti dans les affaires. Dans une interview accordée en 2023, il expliquait clairement avoir choisi cette voie après sa carrière : « Depuis que j’ai quitté le monde du football professionnel, je suis dans le business », a-t-il mentionné.
Mais Camara précisait aussi que ses activités étaient volontairement menées dans la discrétion. Contrairement à certains anciens footballeurs qui communiquent énormément sur leurs entreprises, leurs académies ou leurs investissements, Henri Camara reste particulièrement discret.
Les sources publiques consultées ne permettent d’ailleurs pas d’établir avec précision la liste actuelle de ses sociétés ou de ses investissements en 2026. Le constat est donc assez simple. Camara travaille dans les affaires mais il a choisi de préserver une grande partie de cette vie professionnelle du regard du public.
La piste de devenir dirigeant abandonnée
Il avait pourtant envisagé de revenir au Jaraaf. Si Henri Camara ne souhaitait pas devenir entraîneur, une autre possibilité l’a longtemps intéressé. Celle de devenir dirigeant car en 2020, il avait notamment ouvert la porte à un retour au Jaraaf de Dakar, son club formateur.
Interrogé sur une éventuelle entrée dans l’équipe dirigeante, l’ancien Lion expliquait que cela était possible. Il n’excluait pas non plus une fonction similaire dans l’un de ses anciens clubs grecs.
Le Jaraaf avait d’ailleurs accueilli très favorablement cette idée, un responsable du club rappelant que les anciens internationaux comme Camara étaient toujours les bienvenus. Pour le moment, rien ne permet toutefois d’affirmer qu’il ait accepté un poste officiel de cette nature.
Le site actuel du Jaraaf classe Henri Camara parmi les « anciennes gloires » du club, mais il ne figure pas dans l’encadrement technique présenté par le club. Un retour dans le football institutionnel reste donc une possibilité davantage qu’une fonction actuellement confirmée.
Si Henri Camara mène aujourd’hui une existence relativement discrète, il suffit qu’il retourne en Grèce pour mesurer l’empreinte qu’il y a laissée. Le 9 mars 2025, Panetolikos l’a invité à l’occasion du 99e anniversaire du club et l’a honoré comme l’une de ses légendes.
Camara avait porté le maillot du club grec et y avait disputé 102 rencontres officielles pour 29 buts, selon DSPORTS et Wiwsport. Lors de son retour en 2025, il a rencontré les supporters, signé des autographes et participé aux célébrations avant le match contre Levadiakos.

Le mondial 2002 et des prestations abouties en premier league
On se souvient surtout de Camara au Sénégal pour le Mondial 2002 et en Angleterre pour ses passages en Premier League. Avant cette longue aventure grecque, Henri Camara avait beaucoup voyagé. Formé au Jaraaf de Dakar, il a notamment évolué en Suisse, en France, en Écosse et en Angleterre.
Avec Grasshopper Zurich, il est champion de Suisse en 2001. Il a rejoint ensuite Sedan, où ses performances vont le faire connaître du grand public français. Après la Coupe du monde 2002, sa carrière prend encore une autre dimension.
Il passe notamment par Wolverhampton, le Celtic Glasgow, Southampton, Wigan, West Ham, Stoke City et Sheffield United. Le « Lapin flingueur » devient alors un véritable globe-trotter du football européen.
Sa vitesse constituait son arme principale. Capable d’attaquer les espaces, de partir depuis un côté ou d’évoluer en pointe, il correspondait parfaitement au football très direct de plusieurs équipes anglaises de l’époque.
L’Équipe comptabilise 99 sélections et 31 buts pour Henri Camara. Pendant de nombreuses années, ces statistiques ont fait de lui l’un des principaux détenteurs des records offensifs des Lions.
Son record de buts a finalement été dépassé par Sadio Mané en juin 2022. Face au Bénin, Mané avait inscrit un triplé pour atteindre 32 réalisations, contre 31 pour Camara selon le décompte alors utilisé.
Plutôt que de regretter la perte de son record, Henri Camara avait publiquement félicité Sadio Mané, expliquant être fier de voir son « petit frère » le dépasser. Une transmission symbolique entre deux générations majeures du football sénégalais.
L'an 2002 éternellement dans les mémoires
Malgré toutes ses années en Angleterre et en Grèce, malgré ses dizaines de buts en sélection, il est pratiquement impossible de dissocier Henri Camara de la Coupe du monde 2002 où le Sénégal venait déjà de créer une énorme surprise en battant la France, championne du monde et d’Europe en titre, lors du match d’ouverture.
Mais face à la Suède, c’est Camara qui prend le rôle principal. Henrik Larsson ouvre le score. Camara égalise puis Camara marque encore en prolongation. Son 2e but élimine immédiatement la Suède en raison de la règle du but en or alors en vigueur.
Le Sénégal devient seulement la deuxième nation africaine, après le Cameroun en 1990, à atteindre les quarts de finale d’un Mondial. La FIFA continue d’ailleurs de ressortir régulièrement les images de cette rencontre, encore en août 2026.
C’est probablement le meilleur indicateur de l’importance historique de ce moment. Une légende beaucoup plus discrète que ses anciens partenaires. Aujourd’hui, Henri Camara apparaît nettement moins dans les médias que certains autres membres de la génération 2002.
Il ne recherche visiblement ni l’exposition permanente, ni une carrière médiatique de premier plan. Dans son interview de 2023, il expliquait même avoir parfois décliné des invitations à des matchs de gala.
Son retour à Panetolikos en 2025 constituait donc une rare apparition publique importante. Cette discrétion explique probablement pourquoi beaucoup de supporters se demandent aujourd’hui ce qu’il est devenu.
À 49 ans, Henri Camara mène surtout une vie d’homme d’affaires, loin du quotidien du football professionnel. Il reste attaché au Jaraaf, au Sénégal et aux clubs qui ont marqué sa carrière, particulièrement Panetolikos.
Il a déjà envisagé une reconversion comme dirigeant, mais aucune fonction majeure et permanente dans un club ou une sélection n’est publiquement confirmée à ce jour. Et finalement, il semble parfaitement à l’aise avec cette discrétion.
Il n’a peut-être plus besoin d’être constamment devant les caméras car dans l’histoire du football sénégalais, Henri Camara possède déjà une scène que personne ne pourra lui enlever : ce 16 juin 2002, ce ballon envoyé au fond des filets, et ce sprint fou après le but en or qui venait d’envoyer tout un pays en quart de finale de la Coupe du monde.
Le « Lapin flingueur » a quitté les terrains et choisi les affaires mais plus de vingt ans après l’épopée asiatique, son doublé contre la Suède suffit encore à faire de lui l’un des visages éternels des Lions de la Teranga.